Confiance en soi : en avoir et l’entretenir

Confiance en soi : en avoir et l’entretenir
C’est un des sujets les plus abordés dans les médias. Les articles fleurissent sur les trucs et astuces pour booster sa confiance en soi, mais est-ce un problème typiquement féminin ? Pourquoi cette insécurité ? Et surtout, comment y remédier ?

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En effet, quand on demande aux femmes ce qui les rend mal dans leur peau, à part l’insatisfaction liée à leur physique, elles pointent du doigt leur manque d’estime pour elles-mêmes, les doutes sur leur valeur propre.

Qu’est ce qu’une bonne confiance en soi ?

Celles qui ont confiance savent comment garder le contrôle de leur vie. Elles se fient à leur instinct, qu’elles développent, et elles ont foi en leurs capacités personnelles. Sont-elles des sur-femmes ? Ont-elles des compétences supplémentaires ? Absolument pas ! Mais elles connaissent leur points faibles et essayent d’y remédier. Parce que la confiance en soi, ça se développe durant l’existence mais surtout : ça se travaille !

Pourtant, seule une minorité de femmes a la certitude d’être vraiment capable, rongées que nous sommes par l’anxiété et par la culpabilité.

D’où nous viennent ces doutes ?

Professionnelles, on ne peut pas montrer nos failles. Maman-modèle, nourricière et affectueuse, l’intendance du foyer repose sur nos épaules. Femme au physique de rêve et au visage lisse, sur qui le temps n’a pas d’emprise…

Nous baignons dans un culte de la perfection. Non seulement celui de l’hyper-compétence professionnelle, mais aussi celui de l’apparence physique et du jeunisme. Dans les médias, les images de femmes parfaites sont permanentes : comment y rester insensible et ne pas se comparer ? (en mal, évidement, puisqu’il s’agit de standards impossibles à atteindre). Et cet aspect touche plus particulièrement les femmes dont le physique est exploité comme argument de vente.

De là à penser que ce matraquage publicitaire a pour fonction de nous maintenir dans un état de mal-être et de frustration, ayant pour but de nous faire consommer plus, il n’y a qu’un pas. Je me sens mal, donc j’achète !

Chez les jeunes générations, qui vivent en connexion avec leurs écrans, le phénomène prend de l’ampleur : de plus en plus de jeunes adolescentes ne rêvent que de chirurgie esthétique et dans certains pays, il n’est pas rare de se faire opérer d’un nez à 11 ans. Très inquiétant, non ?

Avec ses jouets sexués tels que dînette, repassage ou même …. matériel de nettoyage (!), le marketing nous maintient dans des rôles traditionnellement réservés aux femmes et peu émancipateurs. Aspect « girly » aux tons pastels, on les crée attractifs aux yeux des petites filles, qui désireront faire comme leur maman, qui elle-même fait comme sa maman et la boucle est bouclée…

Au delà de cette dérive actuelle, le manque de confiance au féminin trouve également ses origines dans nos références culturelles : de Blanche Neige à la Belle au bois dormant, les héroïnes sont le plus souvent dépendantes d’un homme (sans lequel elles sont en détresse). Elles ont un rôle passif, soumis, presque inerte. Ce sont pourtant ces archétypes que nous intériorisons très jeunes et qui conditionnent les modes de fonctionnement futurs. A quand des modèles d’autonomie et de prise de risque ? Pas complètement inexistants, c’est vrai, mais encore trop rares pour un réel changement de société.

Dans la sphère éducative, ce sont toujours des qualités telles que la gentillesse, l’attention aux autres, l’abnégation de soi ou l’obéissance qui sont valorisées chez les filles, alors que les garçons sont encouragés à se montrer téméraires, fonceurs, parfois même batailleurs. .



C’est ainsi que se maintient un clivage entre les sexes, sans que les parents en aient nécessairement conscience. Et ce clivage là ne joue pas en faveur de l’affirmation de soi au féminin.

Amour et confiance en soi :

La petite femme est mise au monde et élevée par des femmes : comme les rôles familiaux restent généralement figés, les enfants reçoivent une éducation mono-sexuée. Dans son livre « Les enfants de Jocaste », la psychanalyste et auteure Christiane Olivier met en lumière les différences de relation mères-fils et mères-filles et leur impact sur le développement futur de l’enfant, selon son sexe : l’enfant construit son identité sexuelle (son comportement futur vis-à-vis du sexe opposé) en passant par la phase œdipienne : le petit garçon éprouve de l’attirance pour l’objet d’amour du sexe opposé (sa mère) et la petite fille pour son père.

Dans sa relation avec la mère, les besoins de construction et d’affirmation du petit garçon se voient satisfaits, puisque l’objet d’amour du sexe opposé est présent et disponible. Alors que la présence de la mère « remplit » le petit garçon dès ses premiers instants et l’aide à se construire une identité sexuelle affirmée et sécurisante, le père est le plus souvent absent auprès du berceau du bébé fille. Elle a pourtant besoin de se « nourrir » d’une relation avec le sexe opposé, et ce n’est pas non plus à l’école maternelle qu’elle le rencontrera puisque cela reste le domaine des femmes, par excellence. Autrement dit, le désinvestissement des pères de la sphère familiale voit la fillette privée et carencée de son objet d’amour et de la construction de sa confiance en soi.

Au vu de cette analyse, il est évident qu’il existe un vide affectif chez la petite fille en manque de paternage. Les conséquences futures de ce vide pourront prendre des formes variées (dépendance amoureuse, anorexie, …) et amener la fille à souffrir d’un manque de confiance elle.

Confiance, estime : comment en gagner ?

Heureusement, on l’a vu, la confiance en soi se construit tout au long de la vie. Et c’est un muscle que l’on peut travailler par de petits exercices, que l’on ne programmera pas trop difficiles au départ. Chaque défi relevé est une victoire.

Apprenez à vous affirmer : parce qu’on nous a répété qu’il fallait être compatissantes et compréhensives, nous partons dans la vie avec un handicap. La solution va être de prendre petit-à-petit ses distances avec ces principes éducatifs et oser exprimer un avis qui n’est pas nécessairement conforme. Il est plus facile d’apprendre à s’affirmer de manière progressive, en se lançant de petits challenges : oser dire qu’on n’a pas aimé un film ou décider de ne plus suivre la mode, par exemple, et augmenter la difficulté au fur et à mesure.

L’estime de soi est un phénomène exponentiel et la fierté de vous être respectée dans vos choix devrait vous aider à prendre de plus en plus d’assurance.

Identifiez vos talents : vous êtes une personne unique, et quels qu’ils soient, vous avez des talents. Ils peuvent toucher à la couture, à l’éducation des enfants, à l’écriture de poèmes ou à l’informatique. Développez-les, exercez-les, partagez-les. Il n’y a pas d’hiérarchie dans les talents, pas besoin d’avoir un Master universitaire pour être quelqu’un de valeur !

• Faites de l’exercice physique : la pratique d’un sport libère des endorphines et de la dopamine. Régulièrement pratiqué, l’exercice nous en fait fabriquer jusqu’à cinq fois la dose habituelle. Ces hormones jouent à long terme sur l’anxiété, l’humeur et le stress, des sentiments qui alimentent nos pensées négatives d’auto-dévalorisation.

• Prenez vos distances par rapport à une certaine presse féminine : des magazines qui regorgent d’images de femmes aux corps parfaits sont-ils vraiment censés nous faire du bien ? Ou fonctionnent-ils pour l’industrie du luxe et de la beauté ? Nous aident-ils à nous accepter ou incitent-ils à rentrer dans une norme ? Se poser la question, c’est y répondre. Personnellement, ça fait longtemps que je les ai mis de côté, et je ne m’en porte que mieux.

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