J’ai peur de quitter mon mari

J’ai peur de quitter mon mari
L’amour entre vous s’est fané mais vous n’arrivez pas à lui annoncer votre décision de rompre. La peur de le faire souffrir lui comme votre entourage vous paralyse, et pourtant, vous n’en pouvez plus de vivre à ses côtés. Plus le temps passe, plus l’amertume et le mal-être vous gagne et plus vous vous sentez prisonnière de votre propre relation. Vous craignez sa réaction au moment où vous lui annoncerez, d’être seule face au monde sans personne à vos côtés, et même de regretter votre décision. .

Je ne veux pas le faire souffrir

Quand le couple bat de l’aile, l’idée de rompre arrive. Insidieuse et furtive, ce n’est d’abord que des pensées en l’air qu’on ne prend pas toujours au sérieux. Puis arrive l’ennui, les disputes bruyantes et celles qui grondent en sourdine, la baisse de désir et l’amertume. Cette idée tourne alors en boucle dans la tête sans que l’on trouve le courage pour l’appliquer. Parfois, on soumet l’idée à l’autre dans l’espoir qu’il prenne la décision à notre place, mais sa tristesse est contagieuse : on ne veut pas qu’il souffre, et on ne veut pas souffrir. Alors on laisse le temps s’écouler tout en sachant pertinemment qu’on ne sera pas heureux à deux.

Il est tout à fait normal de ne pas vouloir faire souffrir celui que l’on a aimé, d’autant plus quand celui-ci n’a rien à se reprocher. Le sentiment de culpabilité nous pousse à ne rien faire, et pourtant vous êtes libre d’aimer, comme de ne plus aimer. Vous ne contrôlez pas consciemment vos sentiments, mais même en le sachant pertinemment, il est très difficile de se détacher de cette culpabilité qui vous empêche de vivre heureuse.

La peur de la solitude et la peur d’être remplacée

La peur de la rupture et la peur de la solitude ne sont pas très éloignées. La peur de quitter l’être qui fut aimé ramène aux peurs infantiles d’être abandonnée, au manque, et au vide. Bien souvent, ce sont des personnes qui ne pensent pouvoir exister qu’au travers leur relation. Cette peur de la solitude peut aussi se traduire par la peur de ne retrouver personne après la rupture, même quand la personne sait objectivement qu’elle est désirable au même titre que les autres.

La peur d’être remplacée est, elle aussi, une idée insupportable à pour la plupart des femmes et des hommes. Ainsi, même en ne s’aimant plus, imaginer son ancien compagnon avec une autre fait souffrir. L’amour est bien loin d’être rationnel…

La peur de faire souffrir ses enfants

La présence d’enfants à charge, particulièrement quand ceux-ci sont jeunes, pèse bien évidemment dans la balance. Les parents préfèrent tenter de les épargner dans le conflit qui les opposent, et ainsi retardent le plus possible la rupture. Il faut cependant savoir que cette tentative est une fausse bonne idée. En effet, les enfants seront baignés dans l’atmosphère conflictuelle alors même que les parents tentent de les y préserver. Il est plus difficile pour eux de voir leurs parents se disputer quotidiennement plutôt que d’accepter leur séparation.

.



La peur de l’échec

Vers la quarantaine particulièrement, la peur d’avoir « rater sa vie » en se séparant à mi-parcours renvoie au sentiment d’échec social que nous imposent les normes actuelles de notre société. En effet, l’image traditionnelle du couple marié avec des enfants serait mise à mal dans le scénario d'un divorce. Il est pourtant dommage d’être malheureux par soucis d’être normal à yeux des autres, et par peur des « qu’en dira-t-on ».

De plus, quand l’un n’est pas indépendant financièrement, la rupture ouvre une autre problématique : le confort financier. Il est important de bien se renseigner sur les aides financières disponibles, et pourquoi pas compter sur le soutien financier de sa famille le temps de devenir indépendante, tout en gardant à l’esprit que vous serez surement plus heureuse libre même si pour ce, vous devez renoncer à une partie de votre confort.

Peur de sa réaction

Vous avez beau le connaitre depuis de nombreuses années, vous craignez sa réaction. Peut-être parce que justement vous ne le connaissez que trop bien ? Même un homme autoritaire et impulsif doit respecter votre décision et il est important que vous puissiez en discutez tous les deux.

De plus, si vous êtes victimes de violences conjugales, sachez qu’il existe des aides juridiques et sociales pour les femmes dans cette situation.

Réussir sa rupture

Même si les termes « réussite » et « rupture » ne vont généralement pas de pair, ils ont ici un réel sens : pour être à nouveau heureuse dans votre vie, il vous faut affronter vos peurs pour ainsi réussir à vous échapper de ce schéma infernal où la rupture est sans cesse repoussée. Seule, cet affrontement est difficile, et parfois même le soutien de sa famille et de ses amis ne suffit pas. Il peut alors être judicieux de solliciter un psychologue pour vous aider dans cette démarche.

Si vous-même ne comprenez pas de quoi exactement vous avez peur, l’aide du psychologue peut se révéler précieuse pour le déterminer et ainsi surmonter vos angoisses. En effets, ces peurs renvoient généralement à des blessures psychologiques subies pendant l’enfance, et il est très difficile de lutter contre sans aide. C’est ainsi que beaucoup de couples malheureux attendent des années avant de se séparer car ils ont besoin de temps pour panser leurs blessures et ainsi trouver la force de faire leur vie sans l’autre à leurs côtés. Le psychologue peut vous aider, au premier niveau, à vous détacher de cette culpabilité qui vous empêche d’aller de l’avant. La thérapie, individuelle ou en couple selon les problématiques, sera ensuite axée sur l’acceptation de la rupture et sur la recherche du bien-être psychologique pour ainsi vous permette d’évoluer chacun de votre côté.

Dans tous les cas, la séparation est un processus long et difficile à vivre, comparable à un deuil, où chacun abandonne l’autre, mais aussi une partie de lui-même. S’en suit alors une profonde remise en question qui nécessite des réponses, et où le psychologue peut vous aider à en trouver. .