L’infidélité virtuelle est-elle une drogue ?

L’infidélité virtuelle est-elle une drogue ?

Entre les réseaux sociaux, les applis de rencontres et les sites spécialisés dans les relations extra-conjugales, on aurait vite fait de blâmer Internet pour les infidélités de l’autre. Un peu fort, non ? Oui, sauf qu’une étude estime que le web permet effectivement de tromper plus facilement, mais nous aurait aussi rendus accro à la trahison amoureuse. .

Internet aurait-il transformé nos relations amoureuses en fast-food ? C’est en tout cas ce que pensent les professeurs en psychologie Andreas Vossler et Naomi Moller de l’Open University en Grande-Bretagne. Selon les résultats de leur étude sur l’infidélité virtuelle, Internet nous pousserait plus facilement à tromper l’autre, et surtout, nous rendrait complètement accro à la chose. Un homme interrogé anonymement résume : « J’ai essayé d’arrêter mais aucun de nous deux n’y arrivait. Ça recommençait à chaque fois et c’était si simple. Toute cette technologie qui nous entoure rendait la chose incroyablement réconfortante et sexy. Avec les longues heures que l’on passe au travail, une relation en ligne est comme du fast-food : prêt quand tu l’es, simple, à manger seul sans s’encombrer des subtilités sociales ».

Si les réseaux sociaux, les applis et autres sites de rencontres rendent la chose plus facile d’accès, l’étude démontre aussi qu’Internet permet aux infidèles de se créer une nouvelle personnalité, et donc d’être plus à l’aise. Une femme trompée par son ex-mari raconte : « J’ai une grande méfiance vis-à-vis d’Internet et je pense que ça facilite massivement l’infidélité. Mon ex-époux est un homme très timide, mais en ligne il est capable d’agir avec une grande confiance en lui et donc d’attirer l’attention des autres femmes. Je pense fermement qu’il n’aurait pas eu autant de liaisons sans Internet ».

.



Où commence l’infidélité ?

Selon les psychologues, nous ne portons pas tous le même regard sur l’infidélité. Ainsi, ce que quelqu’un considérera comme un manque de loyauté pourra être considéré comme une vraie trahison par un autre. Le docteur Vossler explique :

« Notre étude a déterminé que les hommes et les femmes voient l’infidélité virtuelle différemment. Mais ce n’est pas seulement une question de genre. L’expérience de l’infidélité en ligne varie d’une personne à une autre. Ce qu’un partenaire considérera comme une discussion occasionnelle pourra être vu comme quelque chose de blessant et déloyal par un autre. Avec Internet et les réseaux sociaux qui prennent une place de plus en plus importante dans le monde occidental, il devient de plus en plus facile d’avoir un comportement en ligne qui peut être considéré comme de l’infidélité dans le contexte d’une relation (cela inclut le cybersexe, l’échange d’images sexuellement explicites, le flirt en ligne et les rendez-vous). C’est important de savoir tout ça parce que l’infidélité provoque de la détresse et peut avoir des effets très négatifs sur les mariages et les familles ».

Les deux psychologues appellent maintenant les gens à participer à leur étude anonyme pour en apprendre encore plus sur l’infidélité virtuelle. D’ici là, notons que dès 2011, Facebook entrait en compte dans les motifs de divorce. Une étude menée en Grande-Bretagne démontrait ainsi que ce qui revenait le plus souvent était « Les messages inappropriés envoyés au sexe opposé ».

.